La Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM) visite le FRAC à Marseille

05/08/2014


De gauche à droite : Celine Hanart (AMU), Maryline Bellieud-Vigouroux-Conseiller et Mécénat auprès du Président, Stéphanie Calvino, Cécilia Petit, Hélène Seigneur (AMU), Matthieu Gamet-Président de la MMMM et CEO de Kulte, Pascal Neveux-Directeur du FRAC, Pascale Akiki, Sabine Agniel, Leila Mammar, Stéphanie Gino

Ce mercredi 30 juillet 2014, Pascal Neveux- Directeur du FRAC depuis son ouverture à Marseille en tout début d’année 2013 Capitale de la Culture-, accueille toute l’équipe de la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM) pour une visite privative du bâtiment et de son exposition.

En guise d’introduction, un bref historique des FRAC, Fonds régionaux d’Art Contemporain. Ils sont créés en 1982 dans le cadre de la politique de décentralisation et ils ont trois missions : constituer une collection, la diffuser auprès de publics diversifiés et les sensibiliser à la création actuelle. Les collections sont aujourd’hui riches de 200 à 3000 pièces, acquisition ou production, 25 000 œuvres sont ainsi rentrées dans les collections depuis l’apparition de ces structures. Le patrimoine des FRAC est nomade et doit respecter un principe de mobilité qui rend indispensable leur rôle d’acteurs dans la politique d’aménagement du territoire, démarche visant à réduire les disparités géographiques, sociales et culturelles au sein du territoire. Conçus à l’origine avec une vocation expérimentale, on permet aujourd’hui de perpétuer leur mission première : faire que l’art contemporain soit accessible à tous (écoles, hôpitaux, associations de quartiers…), en réinventant ces lieux dans l’espace et en érigeant de nouvelles structures dans les villes.

La visite débute dans le hall d’entrée, ouvert sur l’espace environnant, en présence de Matthieu Gamet, CEO de la marque marseillaise KULTE et nouveau Président de la MMMM,ainsi que de Maryline Bellieud-Vigouroux-Conseiller et mécénat auprès du Président.

Pascal Neveux nous raconte l’histoire de ce projet ambitieux qui fait partie des nouveaux programmes architecturaux contribuant à doter d’une meilleure lisibilité régionale, nationale et internationale, ces structures atypiques de soutien à la création en région que sont les FRAC.

Installé au cœur du nouveau quartier d’affaires d’Euroméditerrannée, seul FRAC en France à se trouver en hyper-centre, il porte la marque tout à fait singulière du désir de son architecte Kengo Kuma, qui en l’inscrivant dans la géographie du terrain remporte l’appel d’offre et séduit avec son idée d’espace ouvert sur l’environnement qui l’entoure. Pour reprendre les mots de son directeur, ce FRAC enclavé dans une triangulaire entre la rue Vincent Leblanc et les façades arrière des immeubles du Boulevard de Dunkerque, s’inscrit dans une atmosphère urbaine, tel La vie mode d’emploi de Georges Perec.

En allant plus loin dans la description des lieux, on apprend que Kuma a tout particulièrement porté son attention sur les espaces de circulation, en articulant son programme architectural en élévation, autour de différents plateaux qui correspondent aux pôles d’activités suivants : conservation, diffusion, exposition, documentation et médiation. Nous découvrons que cette configuration n’est pas due au hasard, quand on sait que l’architecte évoque son premier souvenir de Marseille en citant la Cité Radieuse de Le Corbusier et « l’expression de cette nouvelle architecture ».

La façade en verre recyclé émaillé constitue quant à elle l’esthétique extérieure de ce bâtiment. Elle est le fruit d’un long travail de recherche sur le traitement de la matière, d’abord au CIRVA (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques) à Marseille puis dans l’Atelier Barrois en Haute-Loire où elle verra finalement le jour. Un savant mélange d’art et d’industrie pour un résultat à l’image de ce son inventeur, à l’orée de la tradition japonaise et du contemporain. Les espaces aériens et volumineux sont ouverts et baignent dans cette lumière filtrée par le verre.

On descend d’un étage et on part à la rencontre des œuvres d’Adrian Schiess, artiste Suisse exilé à Mouans-Sartoux (Provence), dont la collection est exposée du 24 mai au 30 août 2014. Au sol sont disposées d’immenses plaques colorées, représentation de paysages de la nature au rythme des saisons mais aussi et surtout du temps et de la lumière. Sa peinture comme il le dit lui-même « n’est pas une imitation de la nature ». Il utilise tout l’espace pour servir au mieux son travail : matières, couleur, lumière, captation photographique et vidéo. L’environnement joue un rôle capital chez cet artiste, aussi bien au moment de la production que de l’exposition.

C’est au 1er étage qu’on mesure toute la dimension de son art et de cette phrase de Paul Valéry, placée là, faîte exprès, comme un guide pour orienter nos pensées. Adrian Schiess rejoint ainsi Valéry, pour nous dire l’importance qu’il accorde à la lumière dans son art et l’interprétation qu’il voudrait qu’on en ait. Et on se penche pour admirer ce qu’on a vu un peu plus bas, et on comprend alors toute la dimension de ces mots.

On termine par la terrasse, point de vue unique sur cette Joliette en pleine mutation. Ce jour-là le Mistral soufflait, comme pour nous ramener à la réalité, nous rappeler d’où nous venons, là où nous sommes, la nature autour encore.

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